Le dirigeant du parti Les Engagés pour le développement (EDE), Claude Joseph, semble avoir changé de position sur le processus électoral en Haïti. Alors qu’en juin et juillet 2026, il critiquait vivement les autorités de facto, qu’il accusait de vouloir affaiblir le Conseil électoral provisoire (CEP) et de chercher à contrôler le processus électoral, l’ancien Premier ministre adopte aujourd’hui un discours différent.

 

Dans ses prises de position récentes, Claude Joseph estime que le CEP actuel ne serait pas en mesure d’organiser les élections. Il se montre également opposé à la tenue des élections cette année. Cette nouvelle orientation tranche avec les critiques qu’il formulait quelques semaines auparavant contre le pouvoir en place, notamment à l’encontre du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accusé à l’époque de vouloir influencer le processus électoral.

 

Ce changement de position intervient pourtant alors que la composition du CEP reste la même et qu’Alix Didier Fils-Aimé demeure à la Primature. Cette situation soulève donc des interrogations sur les raisons de cette évolution politique. Pour certains observateurs, le changement de discours de Claude Joseph illustre les contradictions qui caractérisent une partie de la classe politique haïtienne, particulièrement à l’approche des élections.

 

En l’espace de quelques semaines, les positions semblent ainsi avoir évolué de manière spectaculaire. Ce revirement suscite des questions sur la cohérence du discours politique et sur les véritables stratégies des acteurs engagés dans le processus électoral. Dans un contexte où la confiance de la population envers les institutions reste fragile, ces changements de position risquent davantage d’alimenter le scepticisme autour de l’organisation des prochaines élections.