Le massacre de Kenscoff ne peut pas être traité comme un simple épisode de plus dans la longue liste des violences qui endeuillent Haïti. Chaque nouvelle attaque rappelle une réalité brutale : l’État peine encore à protéger ses citoyens.

 

Face à cette situation, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé doit désormais répondre à une question simple : où sont les résultats ? Des millions de dollars ont été engagés pour soutenir la lutte contre les groupes armés. Des contrats ont été annoncés. Des promesses ont été faites. Mais sur le terrain, la population continue de payer le prix fort.

 

Il ne suffit plus d’annoncer des mesures. Il faut démontrer leur efficacité. Si les ressources publiques consacrées à des mercenaires ou à des dispositifs de sécurité ne permettent pas d’obtenir des résultats concrets, le gouvernement doit en tirer les conséquences. Un contrat qui ne produit pas les effets attendus doit pouvoir être réévalué, voire résilié, dans l’intérêt de la population.

 

Le gouvernement ne peut pas demander indéfiniment de la patience à un peuple qui vit sous la menace. Derrière chaque bilan se trouvent des familles brisées, des maisons abandonnées et des citoyens contraints de fuir. L’insécurité n’est pas une statistique. C’est une tragédie humaine qui exige une réponse à la hauteur.

 

Le Premier ministre et la direction de la Police nationale d’Haïti doivent donc des comptes au pays. Il faut expliquer les stratégies mises en œuvre. Il faut présenter les résultats obtenus. Il faut aussi reconnaître les échecs lorsque les objectifs ne sont pas atteints.

 

Haïti n’a plus besoin de nouvelles promesses sans lendemain. Le pays a besoin d’actions mesurables, de décisions courageuses et de responsables prêts à assumer leurs responsabilités. Après Kenscoff, le temps des excuses doit véritablement prendre fin.

 

Le peuple haïtien ne demande pas l’impossible. Il demande simplement que l’État remplisse sa première mission : protéger la vie et les biens de ses citoyens.