L'Institut National pour la Défense des Droits Économiques, Sociaux et Culturels (INDDESC) estime que les prochaines élections en Haïti ne pourront être crédibles sans des garanties solides en matière de sécurité, d'inclusion et de protection des victimes de l'insécurité armée. Dans une note publiée le 7 août 2026, l'institution affirme que le processus électoral représente un véritable test pour la démocratie et la légitimité des institutions.

 

L'INDDESC rappelle que le pays traverse une crise profonde, marquée par près de 1,5 million de personnes déplacées internes à cause des violences armées et plus de 5,8 millions de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. Selon l'organisation, ces réalités risquent d'empêcher de nombreux citoyens d'exercer leur droit de vote, notamment ceux qui ont perdu leurs documents d'identité ou vivent dans des zones contrôlées par des groupes armés.

 


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Alors que le Conseil électoral provisoire (CEP) prévoit le premier tour des élections présidentielle et législatives le 13 décembre 2026, l'INDDESC souligne que cette échéance reste conditionnée à un climat sécuritaire acceptable et à la disponibilité des ressources financières. L'organisation estime que ces conditions ne sont pas encore réunies.

 

L'institution met également en garde contre les faiblesses du cadre électoral actuel, notamment en ce qui concerne la sécurisation des bureaux de vote, l'identification des électeurs et le financement des campagnes. Elle insiste sur la nécessité d'empêcher que des fonds issus d'activités criminelles influencent le processus électoral.

 

L'INDDESC avertit qu'en l'absence de mesures adaptées, les prochaines élections pourraient créer une citoyenneté à deux vitesses, où une partie de la population participerait au vote tandis que les victimes de l'insécurité, les déplacés et les plus vulnérables seraient exclus. L'organisation évoque également un risque de violences, de fraudes et de contestations pouvant déboucher sur une nouvelle crise postélectorale.

 

Pour éviter ce scénario, l'INDDESC recommande la mise en place de mesures exceptionnelles, notamment le renouvellement rapide des pièces d'identité, des dispositifs de vote adaptés aux personnes déplacées, un mécanisme indépendant de sécurisation des élections, un contrôle renforcé du financement politique et un système national de suivi des violations électorales. L'organisation conclut que les trois conditions indispensables à des élections réussies sont la sécurité, l'inclusion et la légitimité.