L’Institut National pour la Défense des Droits Économiques, Sociaux et Culturels (INDDESC) s’apprête à franchir une étape décisive. Le mardi 15 septembre 2026, à l’Hôtel Montana, à Pétion-Ville, l’organisation procédera au lancement officiel de l’Initiative pour la Mémoire, la Justice et l’Indemnisation des Victimes de l’Insécurité Armée en Haïti (IMJIVIAH). Une initiative citoyenne et institutionnelle qui se veut à la fois un cri d’alerte, un espace de reconnaissance et un instrument de plaidoyer.
Dans un pays durablement éprouvé par la violence armée, les déplacements forcés, les deuils et l’impunité, les victimes demeurent trop souvent invisibles. Leurs souffrances sont reléguées au rang de statistiques, leurs droits bafoués, leurs attentes de justice et de réparation ignorées. C’est précisément ce silence que l’INDDESC veut briser. À travers IMJIVIAH, il s’agit de rappeler que derrière chaque chiffre, il y a des femmes, des hommes, des enfants, des familles et des communautés dont la vie a été irrémédiablement bouleversée.
Mémoire, justice et réparation : trois piliers
L’initiative repose sur trois axes complémentaires. D’abord, la mémoire : documenter, archiver et préserver les récits des victimes, afin que la vérité ne soit pas effacée par le temps ou par la peur. Ensuite, la justice : accompagner les victimes dans leurs démarches, soutenir les mécanismes judiciaires et dénoncer l’impunité qui continue de nourrir la violence. Enfin, l’indemnisation et la réparation : plaider pour des politiques publiques ambitieuses, capables de reconnaître le préjudice subi et d’offrir une réparation matérielle, morale et symbolique.
Pour l’INDDESC, ces trois piliers ne sont pas de simples revendications. Ils constituent les fondements d’une société qui refuse l’oubli et qui choisit de regarder son histoire en face. La mémoire n’est pas un luxe ; elle est un acte de justice. La réparation n’est pas une faveur ; elle est une condition de la reconstruction nationale.
Un enjeu national
Le lancement d’IMJIVIAH intervient dans un contexte où l’insécurité armée continue de produire des victimes et où la question de la responsabilité demeure largement en suspens. L’initiative entend donc dépasser le seul cadre de l’assistance humanitaire pour poser une question centrale : que doit l’État aux victimes ? Quelles garanties de non-répétition peut-on construire ? Comment éviter que les souffrances d’aujourd’hui deviennent les oublis de demain ?
À travers cette intervention, l’INDDESC portera la voix des victimes et exposera les fondements, les enjeux et la portée de cette initiative. Il s’agira également d’ouvrir des perspectives concrètes pour la justice, la réparation et la reconstruction de l’État de droit en Haïti. Car sans vérité, sans justice et sans réparation, aucune paix durable ne peut être envisagée.
Plus qu’une simple annonce, ce lancement se veut le point de départ d’une mobilisation nationale pour que les victimes de l’insécurité armée cessent d’être des oubliées de l’histoire. Pour l’INDDESC, il n’y aura pas de reconstruction véritable sans mémoire, pas de paix durable sans justice, pas de dignité retrouvée sans réparation.