Dans une vidéo publiée sur son compte officiel sur le réseau social X, le chef de l’État a expliqué que sa décision était motivée par la volonté de préserver la stabilité du pays, la paix sociale et les institutions démocratiques.

 

« J’ai pris la décision de présenter ma démission de la présidence de la République. Je le fais en pensant à la stabilité de notre pays, à la paix sociale et à la nécessité de préserver nos institutions démocratiques », a-t-il déclaré.

 

Santiago Peña a également présenté ses excuses à la population paraguayenne, reconnaissant que sa gestion avait pu susciter des déceptions. « Je tiens à présenter mes excuses au peuple si, à un moment quelconque, j’ai failli », a-t-il affirmé.

 

Le président sortant a notamment insisté sur la situation des épargnants touchés par la crise bancaire. Il a indiqué que sa priorité était désormais de garantir la tranquillité des Paraguayens qui avaient confié leurs économies au système financier national.

 

« Mon plus grand souhait est que la restitution de ces ressources soit garantie », a-t-il ajouté, appelant à la mise en œuvre rapide des mécanismes nécessaires pour protéger les dépôts des particuliers et les fonds publics.

 

La crise a éclaté après l'intervention d'Ueno Bank par la Banque centrale du Paraguay, à la suite de graves insuffisances de solvabilité. La décision a privé près de trois millions de clients d'un accès normal à leurs comptes et à leurs économies, provoquant une vague d'indignation dans le pays.

 

L'affaire a également pris une dimension politique en raison des anciens liens d'affaires de Santiago Peña avec le groupe associé à la banque. L'opposition lui reproche notamment un possible conflit d'intérêts et réclame des explications sur les relations entre les autorités publiques et l'établissement financier. La situation s'est aggravée après le retrait du soutien de plusieurs responsables de son propre camp politique, ouvrant la voie à une procédure de destitution au Parlement.

 

La démission de Santiago Peña ouvre désormais une nouvelle étape politique au Paraguay. Le vice-président Pedro Alliana est appelé à lui succéder afin d'assurer la continuité du mandat présidentiel, qui doit prendre fin en août 2028.

 

Cette crise constitue un tournant majeur pour le pays sud-américain, confronté à la fois à une importante incertitude financière et à une profonde crise de confiance envers ses institutions.