Selon le philosophe grec Aristote, la citoyenneté implique la participation à la vie politique, sociale, économique et culturelle de la cité. Cette participation se manifeste par l’engagement de chaque citoyen à œuvrer pour une cause juste, noble et orientée vers le bien être collectif. À Jacmel, les Jeunes Intégrés pour un meilleur Système de Traitement des Incarcérés dans le Sud-Est d’Haïti (JISTIS) incarnent cette vision en militant pour l’humanisation du système carcéral haïtien. Au fait, l’organisation s’apprête à lancer la 5ᵉ édition du Festival des droits humains de Jacmel, prévue du 8 au 10 décembre 2025. À quoi peut-on s’attendre ?
Lancé en 2020, ce festival a déjà permis d’aborder des thématiques majeures liées aux droits des personnes incarcérées en Haïti. Sous la coordination de Cathiana Désiré, l’initiative de JISTIS se veut un espace citoyen et artistique dédié à la sensibilisation, au dialogue et au plaidoyer autour des libertés fondamentales et du respect de la dignité humaine. Après une pause stratégique en 2024, l’événement revient avec une programmation riche s’étalant sur trois jours, mêlant art, engagement et solidarité.
Le thème retenu pour cette édition « Une seule humanité, des droits pour tous.tes » réaffirme la conviction profonde de l’organisation : les droits humains sont universels et inaliénables.
Les activités s’ouvriront le 8 décembre par un concert et une causerie autour de la question : *« À quel niveau l’art peut-il être un outil dans la lutte contre la délinquance juvénile ? »* Un sujet qui met en lumière la capacité de l’art à réparer ce que le chaos social a détruit. Parmi les artistes invités figurent Nathalia Laguerre, Junie Sancia Jean Louis, Dieunie PL et Kensly Monestime. Les intervenants annoncés incluent Didier Civil (peintre et artisan), Dieunie Pierre Louis (chanteuse), Eder Roméus (tambourineur et peintre), Derby Stanley Saint-Fleur (mémorant en Histoire de l’art), Eunice Désanné (danseuse et psychologue) et Ar Guens Jean Mary (poète et dramaturge). Ce premier rendez-vous, au croisement de la réflexion intellectuelle et de l’effervescence culturelle, se déroulera à l’Hôtel Florita dès 6 h PM.
Fidèle à son ambition d’innovation, le festival introduira cette année le «théâtre forum» dirigé par Ar Guens Jean Mary. Prévue pour le 9 décembre à 5 h PM à l’Alliance française de Jacmel, cette performance mise en espace par Cals Edzer Lazare donnera voix au vécu des détenus et offrira au public un regard critique dans la réalité du système carcéral haïtien.
Devenu un rendez-vous citoyen incontournable à Jacmel, le festival se clôturera par un plaidoyer public. Cette séance vise à interpeller les autorités et à encourager des réformes en faveur d’une justice plus équitable. Les plaideurs Me Stanglina Jean-Pierre et Me Wisbel Aladin défendront la thèse positive, tandis que Me James Charlot et Me Sadrac Charles soutiendront la thèse négative autour du thème : *« La répression étatique : outil de protection de l’ordre social ou source d’aggravation des violations des droits humains ? »*
Avec des contenus éclairants et des voix engagées, JISTIS rejoint l’idéal du romancier haïtien Fernand Hibbert, qui exhortait à « dégrossir le peuple de l’ignorance ». Le festival peut compter sur plusieurs partenaires tels que Jeux Dits Pwezi, Jacmel Jazz Festival, REPONSE, Offen Poem, Collectif ZANTRAY, DC Project, JIMAGE Haïti, ALTER-NATIFH, Madmwazèl Digital, entre autres, pour porter haut son combat pour la dignité de l’homme haïtien en particulier en milieu pénitentiaire.
L’entrée est libre. Pour tout contact, l’organisation JISTIS reste accessible aux numéros suivants 42 38 44 85 / 48 13 62 50 , par mail : jistisassociation@gmail.com et sur facebook via le lien suivant : https://www.facebook.com/jistis.ht
Cette cinquième édition du Festival des droits humains de Jacmel se veut une invitation forte : lever le voile sur les réalités marginalisées, donner voix à ceux que l’on oublie, réfléchir aux droits bafoués, et imaginer ensemble une Haïti plus vivable, plus juste, plus humaine.
Mardochée Gay
