L’émotion est vive suite au drame survenu le 14 novembre dernier en République dominicaine, lors d’une excursion scolaire organisée par l’école privée haïtienne Leonardo Da Vinci. Stéphora, une jeune élève haïtienne, est décédée tragiquement. Lovelie Joseph, sa mère, brise le silence et livre un témoignage poignant, révélant une gestion de crise chaotique et un manque cruel d’explications de la part des responsables de l’établissement.
Mme Joseph se souvient d’une matinée qui a basculé dans l’horreur. Elle reçoit d’abord un appel l’informant d’un simple malaise de sa fille. Peu après, une seconde communication vient transformer l’inquiétude en panique. « À mon arrivée sur les lieux, j’ai découvert une scène chaotique avec des mouvements inhabituels, présence policière renforcée, ambulances, » raconte Lovelie Joseph, le cœur lourd. Sous le choc, elle est témoin de l’impensable : « J’ai vu, impuissante, le service chargé des corps emporter celui de ma fille. »
Le plus douloureux pour la mère endeuillée est l’absence totale de soutien et d’information de l’école. « Aucun responsable de l’école ne m’a fourni d’explication, » insiste-t-elle. C’est finalement une source extérieure, un policier présent sur les lieux, qui lui annonce la terrible nouvelle : le décès de Stéphora. Cette absence de communication directe de la part de l’institution soulève de sérieuses questions sur la responsabilité et la prise en charge des élèves lors de cette sortie.
Stéphora est décrite par sa mère comme une enfant « très brillante et toujours parmi les meilleures de sa classe. » Ce portrait de l’élève modèle contraste tristement avec un autre aspect de sa vie scolaire : le harcèlement. Lovelie Joseph révèle que, malgré son excellence académique, sa fille était régulièrement victime de moqueries à caractère discriminatoire de ses camarades. Ces brimades ciblaient explicitement sa couleur de peau et ses cheveux crépus. Le témoignage met en lumière la dure réalité d’une enfant brillante, élève haïtienne, confrontée au racisme et aux préjugés au sein même de son environnement scolaire. Ce détail tragique vient ajouter une couche de douleur à l’indicible drame, exigeant une enquête complète non seulement sur les circonstances du décès, mais aussi sur le climat d’intimidation au sein de l’établissement.
