Le dimanche 28 décembre 2025, les Centrafricains sont appelés aux urnes pour des élections générales dominées par l’élection présidentielle. Le chef de l’État sortant, Faustin-Archange Touadéra, apparaît comme le grand favori pour un troisième mandat, dans un pays encore profondément fragilisé par des décennies de crises politico-militaires et d’ingérences extérieures.
Au pouvoir depuis 2016, Touadéra met en avant une amélioration relative de la situation sécuritaire, obtenue avec l’appui de forces étrangères, notamment les mercenaires russes du groupe Wagner, engagés dans la lutte contre plusieurs groupes rebelles. Toutefois, pour l’opposition et une partie de la société civile, cette relative stabilisation s’est accompagnée d’un net recul démocratique. L’adoption d’une nouvelle Constitution en 2023, supprimant la limitation des mandats présidentiels, est perçue comme un verrouillage institutionnel supplémentaire, affaiblissant un jeu démocratique déjà sous forte pression.
Derrière le discours officiel de stabilité, la réalité sociale reste préoccupante. Plus de 70 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, l’accès aux services essentiels demeure limité et l’insécurité persiste dans de nombreuses zones rurales, échappant encore largement au contrôle de l’État.
Dans un pays où la souveraineté politique et sécuritaire demeure fortement influencée par des acteurs étrangers, les résultats attendus le 5 janvier prochain poseront, une fois de plus, la question fondamentale du pouvoir réel laissé aux peuples africains pour décider librement de leur avenir.
Patrice Assiongbon SOWANOU
