À l’approche du 7 février 2026, date fixée par l’Accord du 3 avril pour la fin du Conseil présidentiel de transition (CPT), le débat politique s’intensifie autour de la configuration du pouvoir exécutif post-transition. Alors que les conseillers-présidents sont appelés à quitter leurs fonctions à cette échéance, le statut du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé demeure juridiquement et politiquement incertain, dans un contexte où ce dernier multiplie déjà les annonces et les promesses autour de l’organisation d’élections et reconquête des territoires en 2026.
L’Accord du 3 avril est clair en ce qui concerne le CPT : son mandat prend fin le 7 février 2026. En revanche, le texte ne fixe aucune échéance comparable pour le chef du gouvernement. Alix Didier Fils-Aimé n’est donc pas directement concerné par cette date et ne dispose pas d’un mandat expressément borné par l’Accord. En pratique, il demeure en fonction tant qu’il bénéficie de la confiance de l’autorité exécutive en place ou de celle qui lui succédera.
Cette distinction prend une dimension particulière au regard du discours volontariste du Premier ministre, qui évoque déjà 2026 comme une « année électorale » et promet la tenue d’élections générales, conditionnées, selon lui, à un rétablissement préalable de la sécurité. Or, cette projection contraste avec l’incertitude institutionnelle qui plane sur la gouvernance du pays après le 7 février, date à laquelle l’organe censé lui accorder sa légitimité politique aura cessé d’exister.
Plusieurs scénarios sont désormais envisagés. Le Premier ministre pourrait être maintenu provisoirement afin d’assurer la continuité de l’État, dans l’attente de la mise en place d’une nouvelle autorité exécutive. À l’inverse, le départ du CPT pourrait entraîner sa démission ou sa révocation politique, notamment si une nouvelle configuration du pouvoir décide de former sa propre équipe gouvernementale. Une reconduction demeure également possible en cas d’élections ou de reconnaissance d’un nouvel exécutif, selon les équilibres politiques du moment.
Au cœur de ces hypothèses se trouve une zone grise majeure de l’Accord du 3 avril : l’absence de dispositions claires sur l’architecture du pouvoir exécutif après la fin du CPT, surtout dans l’éventualité où aucune élection ne serait organisée avant le 7 février 2026. Cette lacune nourrit les inquiétudes quant à un possible vide institutionnel, susceptible d’ouvrir la voie à une prolongation de facto du pouvoir exécutif ou à une nouvelle transition sans base constitutionnelle clairement établie.
Si la fin du CPT est juridiquement encadrée, l’avenir du Premier ministre reste fondamentalement politique. Pourtant, en se projetant déjà comme l’un des acteurs centraux du processus électoral à venir, Alix Didier Fils-Aimé contribue à brouiller davantage les lignes entre continuité gouvernementale, fin de transition et retour à l’ordre constitutionnel. Une ambiguïté qui, à l’approche de l’échéance du 7 février, alimente le scepticisme d’une population confrontée depuis plusieurs années à des transitions successives sans issue électorale concrète.
