Le président ougandais Yoweri Museveni est au pouvoir depuis 1986 et il s’apprête à briguer un septième mandat consécutif, prolongeant ainsi un règne qui s’étend sur près de quatre décennies dans un pays dont la majorité de la population a moins de 30 ans.
En effet, ancien chef de guérilla arrivé au pouvoir à l’issue d’un long conflit, le président ougandais avait pourtant, à ses débuts, critiqué les dirigeants africains désireux de s’accrocher au pouvoir. Aujourd’hui officiellement âgé de 81 ans, il demeure l’un des chefs d’État les plus anciens du continent, devancé uniquement par Teodoro Obiang Nguema en Guinée équatoriale et Paul Biya au Cameroun.
Par ailleurs, Yoweri Museveni maintient le pouvoir autour du Mouvement de résistance nationale (NRM), parti présidentiel étroitement lié à l’appareil d’État. La Constitution a été modifiée à deux reprises afin de lever les limites de mandats et d’âge.
Ainsi, Yoweri Museveni continue de se présenter comme un dirigeant d’expérience, mettant en avant la stabilité du pays, la lutte contre plusieurs mouvements rebelles et les acquis économiques.
Cependant,.les opposants historiques et actuels, dont Kizza Besigye et Bobi Wine, ont régulièrement dénoncé des élections entachées d’irrégularités, ainsi que des arrestations et des limitations aux activités politiques.
À l’approche du scrutin, l’Ouganda s’engage ainsi dans une nouvelle séquence électorale dominée par la figure d’un président déterminé à prolonger son influence, dans un contexte démographique et politique en pleine mutation.
Patrice Assiongbon SOWANOU
