L’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien est sorti de son silence face aux controverses entourant son roman C’était ça ou mourir, exclu du prix Goncourt après des accusations liées notamment à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) et à des soupçons de plagiat. Dans un texte intitulé « Ce roman que j’ai écrit », il défend l’authenticité de son œuvre, tout en reconnaissant avoir commis des erreurs dans ses premiers écrits.

 

Selon l’auteur, la rédaction du roman a commencé à l’automne 2017, à Laval, au Québec. Un premier manuscrit de plus de 300 pages aurait été achevé en 2019, avant plusieurs années de révisions, de suppressions et de modifications. Il affirme avoir puisé dans son expérience personnelle, notamment son parcours migratoire, son exil et son rapport à Haïti et au Québec, pour construire l’histoire de Jonas Dorléon, le personnage principal.

 

Thélyson Orélien réfute catégoriquement les accusations selon lesquelles une intelligence artificielle aurait rédigé son livre. Il reconnaît avoir utilisé certains outils pour effectuer des recherches, notamment sur des expressions étrangères, mais assure qu’aucune phrase du roman n’a été créée par une machine.

 

« C’est une calomnie et une hérésie », affirme-t-il à propos des accusations visant son œuvre. Il estime que l’attribution de son texte à une intelligence artificielle remet en cause non seulement son statut d’écrivain, mais également son humanité.

 

Des excuses pour des erreurs passées

Au-delà de la controverse sur l’IA, l’écrivain reconnaît avoir commis des plagiats dans sa jeunesse. Évoquant son départ d’Haïti en 2010, après le séisme dévastateur, il explique qu’il était alors un jeune homme passionné de littérature, qui lisait de nombreux auteurs et cherchait à développer son écriture.

 

Il admet toutefois que son admiration pour certains écrivains ne justifiait pas les emprunts qu’il a effectués. « J’ai commis des erreurs inacceptables, malgré la jeunesse et l’inexpérience. Je le regrette profondément et présente mes excuses sans réserve », déclare-t-il.

 

L’auteur ne demande pas que son passé soit ignoré. Il reconnaît que les journalistes peuvent enquêter sur ses anciennes publications et que les lecteurs sont libres de les examiner et de les critiquer. Il dénonce cependant les menaces, le harcèlement et les attaques à caractère raciste qu’il affirme subir depuis plusieurs semaines.

 

Un appel à juger le roman sur son contenu

Malgré la polémique, Thélyson Orélien appelle le public à distinguer ses erreurs passées de son travail sur C’était ça ou mourir. Il souligne que le roman, commencé en 2017 et publié en 2026, doit être évalué pour ce qu’il raconte plutôt que d’être automatiquement considéré comme le produit d’une intelligence artificielle.

 

À travers l’histoire de Jonas Dorléon, l’écrivain dit vouloir explorer les blessures de la migration et de l’exil, en s’appuyant sur son vécu et sur les expériences d’autres migrants.

 

Il affirme enfin ne pas avoir écrit ce livre dans le but de remporter des prix ou d’accéder à la célébrité. Son souhait, explique-t-il, est que les lecteurs découvrent l’histoire de son personnage et portent un regard plus attentif sur les réalités humaines, au-delà des origines et des différences.