Le membre de l’Académie Goncourt Pascal Bruckner affirme s’être opposé à la décision de retirer « C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien de la première sélection du prix Goncourt. Il estime notamment que le recours à l’intelligence artificielle pour évaluer l’œuvre d’un écrivain pose question.
Invité de l’émission Midi Info, diffusée sur les ondes d’ICI Première au Canada le 25 septembre, Pascal Bruckner a déclaré qu’il était contre la décision de l’Académie Goncourt de retirer le roman de Thélyson Orélien de sa première liste. « Je leur ai dit que je ne participerai pas au lynchage », a-t-il affirmé, estimant que les membres de l’Académie avaient « fait du zèle » dans cette affaire.
Le philosophe considère par ailleurs que « C’était ça ou mourir » est un roman particulièrement fort et le présente comme « le meilleur » de la rentrée littéraire. Il dit également qu’il aurait voté pour le livre au prix Goncourt « les yeux fermés ».
Pascal Bruckner s’interroge aussi sur l’utilisation de l’intelligence artificielle pour examiner l’œuvre de l’écrivain. Selon lui, si le détecteur d’IA Pangram a été utilisé pour le roman de Thélyson Orélien, les autres livres de la rentrée devraient être soumis au même procédé. Il juge ainsi contestable de soumettre une seule œuvre à ce type d’évaluation.
Toutefois, l’académicien estime que Thélyson Orélien doit apporter des explications concernant les accusations de plagiat qui le visent. Il affirme que ces allégations sont « sans doute vraies ». Pour lui, cette affaire risque également d’installer un climat de suspicion autour des nouveaux livres publiés.
Enfin, Pascal Bruckner estime que l’intelligence artificielle pourrait progressivement trouver sa place dans le processus de création littéraire. Il considère que l’essentiel est que l’inspiration et la signature finale restent celles de l’auteur. Selon lui, les œuvres pourraient à l’avenir être écrites avec l’aide de plusieurs personnes et éventuellement de machines.