À Malawi, Byson Kaula, a été condamné à mort pour meurtre en 1991, mais le sort en decide autrement puisqu’il a échappé à l’exécution 3 fois de suite.
La 1ère fois, l’exécuteur sud-africain qui se déplaçait dans plusieurs pays d’Afrique australe pour administrer la peine finale s’est arrêté avant d’atteindre le nom de Byson sur sa liste. Visiblement épuisé par le nombre de pendaisons déjà effectuées ce jour-là, il décide de reporter.
Ensuite la deuxième fois, le même bourreau, après avoir exécuté des dizaines de condamnés, était à nouveau trop fatigué pour continuer sa besogne, laissant ainsi Byson indemne.
La troisième fois, en 1994, Byson était le dernier survivant de la liste des personnes à exécuter mais deux semaines avant la date prévue, le Malawi passait à la démocratie multipartite et toutes les exécutions étaient suspendues de facto.
La peine de mort, bien que toujours dans la loi, n’a plus jamais été appliquée au Malawi depuis ce jour-là ; elle est systématiquement commuée en réclusion à perpétuité.
Ainsi, Byson Kaula a passé 24 ans en prison où il étudie sans relâche et obtient ses certificats primaire, secondaire, puis des diplômes universitaires. En 2015, grâce à un vaste projet de révision des condamnations à mort obligatoires, son innocence a été reconnue et il a été libéré à l’âge de 61 ans.
De retour dans son village natal, il a pris soin de sa vieille mère qui n’avait jamais cessé de croire en lui. Devenu un symbole puissant contre la peine de mort, il a témoigné dans le monde entier, notamment auprès des Nations Unies et d’organisations abolitionnistes avant de décéder en 2021.
Patrice Assiongbon SOWANOU
