L’Institut National pour la Défense des Droits Économiques, Sociaux et Culturels (INDDESC) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : le droit à l’éducation, garanti par la Constitution et les conventions internationales, est aujourd’hui dangereusement bafoué en Haïti. Depuis avril 2023, l’organisation mène des enquêtes approfondies sur la détérioration des écoles publiques, aggravée depuis la suspension du programme PSUGO. Son rapport publié le 15 septembre 2025 dresse un tableau sombre : infrastructures délabrées, manque total de matériel, établissements paralysés par l’insécurité et absence flagrante de supervision administrative.
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Malgré la gravité des constats, les réponses institutionnelles tardent à se matérialiser. Après un premier atelier prometteur tenu le 14 octobre au Ministère de l’Éducation Nationale (MENFP), au cours duquel le cabinet du ministre Antoine Augustin a reconnu l’urgence de la situation, l’engagement n’a pas été suivi d’actions concrètes.
L’INDDESC a pourtant soumis, dès le 22 octobre, un rapport technique complet financé sur fonds propres. Le Fonds National de l’Éducation (FNE), dirigé par Élysée Colagène, reste quant à lui totalement silencieux, malgré les correspondances officielles et les accusations récurrentes de mauvaise gestion qui le visent.
Face à cette inertie, l’INDDESC poursuit sa mobilisation. L’organisation annonce de nouvelles alertes publiques, renforce son plaidoyer national et international et continue d’accompagner les directeurs d’écoles laissés sans réponses.
Elle rappelle que le droit à l’éducation, consacré par la Constitution haïtienne, la Déclaration universelle des droits de l’homme et plusieurs traités régionaux, n’est ni négociable ni optionnel. Pour l’INDDESC, il est urgent que l’État assume enfin ses responsabilités et garantisse aux enfants un environnement d’apprentissage digne, sûr et conforme à la dignité humaine.
