En Mauritanie, deux mois après la publication d’un rapport de la Cour des comptes mettant en évidence de graves irrégularités dans la gestion des dépenses publiques, six anciens responsables gouvernementaux ont été inculpés pour « détournement de biens publics ».
Cette information a été rendue publique le 9 décembre. Le rapport de la Cour des comptes, publié en octobre et portant sur l’exercice 2022-2023, a souligné que plusieurs dépenses avaient été effectuées en dehors du cadre budgétaire, représentant plusieurs centaines de millions d’euros. Il révèle également des anomalies dans la gestion de fonds liés au Covid-19 ainsi que des procédures d’embauche non conformes à la loi.
Hemeda Ould Ahmed Taleb, président de la Cour des comptes, avait déclaré que ce rapport mettait en lumière « des dysfonctionnements dans les marchés publics et une insuffisance des mécanismes de contrôle interne ». Selon le parquet, sur les trente personnes citées dans le document, six ont été formellement inculpées, tandis que les vingt-quatre autres ont bénéficié d’un non-lieu en raison d’une « insuffisance de preuves ».
Cette affaire relance le débat sur la transparence et la conformité des dépenses publiques réalisées sous les précédents gouvernements. Une forte suspicion de corruption plane, alimentant une vive attention de la justice et de l’opinion publique mauritanienne.
Patrice Assiongbon SOWANOU
