Le lundi 19 janvier 2026, les autorités judiciaires malgaches ont ordonné le placement en détention provisoire de deux personnalités politiques proches de l’ancien président Andry Rajoelina, à la suite de décisions rendues par les juridictions compétentes.
Les personnes concernées sont Marie Michelle Sahondrarimalala, députée élue sous l’ancienne majorité présidentielle (IRMAR) et ex-ministre de l’Éducation nationale, ainsi que Richard Ravalomanana, ancien président du Sénat et général à la retraite. La députée a été incarcérée à la prison d’Avaradrano, tandis que l’ancien président de la Chambre haute a été transféré à la prison d’Imerintsiatosika, deux établissements situés en périphérie d’Antananarivo.
Selon des sources judiciaires relayées par la défense, Marie Michelle Sahondrarimalala avait été placée en garde à vue pendant près de quinze jours. Son domicile avait été perquisitionné le 4 janvier, avant son interpellation par la police économique, puis son transfert à la brigade criminelle. En raison de son statut de magistrate de premier grade, elle a été déférée devant le parquet de la Cour suprême, qui a ordonné son placement sous mandat de dépôt.
Par ailleurs, le dossier fait également état de douze autres personnes poursuivies comme complices et placées sous contrôle judiciaire. Elles sont soupçonnées d’avoir participé à la distribution de fonds à des fins de déstabilisation, selon les déclarations de la procureure de la République, Narindra Rakotoniaina.
De son côté, Richard Ravalomanana, déjà placé en résidence surveillée depuis le 29 décembre, a été déféré devant le parquet du tribunal d’Anosy avant son incarcération. Il est poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’État, ainsi que pour complicité de meurtre et blessures volontaires, notamment en lien avec son rôle présumé dans les violences contre les manifestants du mouvement Gen Z.
Ces développements judiciaires interviennent dans un contexte de grave crise politique à Madagascar, déclenchée par les manifestations de la Gen Z depuis le 25 septembre dernier. Cette crise aurait conduit, selon des informations officieuses, à la chute de l’ancien président Andry Rajoelina, actuellement en exil à Dubaï.
Patrice Assiongbon SOWANOU
