La situation s’est brutalement dégradée à Carrefour ce jeudi 8 janvier 2026. Dès le matin, des barricades ont été signalées sur plusieurs axes majeurs, provoquant un arrêt total de la circulation et la fermeture immédiate des écoles, commerces et autres structures privées.
Le transport public a été paralysé, empêchant les habitants de vaquer à leurs occupations quotidiennes. Face à l’absence de garanties sécuritaires, de nombreuses entreprises ont préféré suspendre leurs activités. Cette fermeture inattendue contraste avec la relative accalmie observée la veille dans la commune.
Aucune information officielle n’était disponible dans les heures qui ont suivi, alimentant les inquiétudes d’une population déjà éprouvée par des mois de tensions répétées et de fermetures imposées.
Cette paralysie intervient alors que les autorités haïtiennes affichent leur volonté de reprendre le contrôle de certains axes stratégiques. Le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, a récemment annoncé la réouverture prochaine des routes menant vers le Grand Sud, un chantier sécuritaire majeur attendu avant le 7 février 2026.
Cependant, depuis juin 2021, ce corridor routier demeure sous l’emprise de groupes armés. L’épisode de Martissant, où des milliers de familles avaient été contraintes de fuir leurs domiciles, reste gravé dans les mémoires comme un tournant majeur de la crise sécuritaire dans la région métropolitaine.
À Carrefour, cette nouvelle journée de blocage rappelle combien la stabilité reste fragile. Tant que l’État ne parviendra pas à assurer une présence effective et durable, la commune continuera de fonctionner au gré des tensions et des rapports de force imposés sur le terrain.
