Le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) monte au créneau et exige la révocation immédiate du commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance du Cap-Haïtien, Me Eno Zéphirin. L’organisation dénonce un grave abus d’autorité et une violation manifeste des principes de l’État de droit, à la suite d’incidents survenus lors d’une opération de démolition menée dans la deuxième ville du pays.
Depuis plusieurs semaines, la délégation départementale du Nord conduit une vaste opération de démolition d’entreprises jugées non conformes, notamment le long du boulevard de Carénage, au Cap-Haïtien. C’est dans ce contexte tendu que des faits qualifiés de « particulièrement graves » par le RHAJAC se sont produits le vendredi 9 janvier 2026.
Selon les informations rapportées par le réseau, une altercation aurait éclaté entre le commissaire du gouvernement et un citoyen présenté comme entrepreneur. Me Eno Zéphirin a par la suite affirmé avoir été victime d’une agression physique. Toutefois, le RHAJAC rejette catégoriquement toute thèse de légitime défense.
Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux montre que le présumé agresseur était déjà menotté, maîtrisé et violemment maltraité par des agents du service de sécurité du magistrat. Ne représentant plus aucune menace immédiate, l’individu a néanmoins été personnellement frappé et giflé par le commissaire du gouvernement, sous l’œil des caméras, avant d’être placé en garde à vue dans des conditions jugées « manifestement illégales ».
Pour le RHAJAC, ces actes constituent une atteinte grave aux principes fondamentaux de l’État de droit. « En se faisant justice lui-même, le commissaire du gouvernement s’est substitué à l’institution judiciaire et a abusé de son autorité », souligne l’organisation dans sa note d’alerte.
Face à la gravité des faits, le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption exige non seulement la révocation immédiate de Me Eno Zéphirin, mais également l’ouverture de poursuites judiciaires à son encontre. Le RHAJAC réclame en outre le dédommagement intégral de la victime pour les préjudices physiques, moraux et matériels subis.
Dans sa prise de position, signée par son secrétaire général Djovany Michel, le RHAJAC rappelle avec fermeté que « nul n’est au-dessus de la loi » et avertit que toute complaisance face à de tels agissements ne ferait que renforcer l’arbitraire et l’impunité en Haïti.
