Il est environ 2 heures du matin, le 5 avril 2022, lorsque plusieurs hommes armés auraient pénétré dans le domicile de Vanessa Jean Baptiste, à Pèlerin 5, un quartier de Pétion-Ville. La DJ, connue dans le milieu culturel haïtien sous le nom de Vanoomix, se trouvait alors avec son fils, âgé d'environ trois ans. Selon ses déclarations, les individus l'ont violemment agressée avant de la violer.

Cette nuit a profondément bouleversé son existence. Au-delà des violences qu'elle affirme avoir subies, Vanessa Jean Baptiste évoque la peur ressentie pendant les faits, la présence de son enfant et les difficultés rencontrées depuis pour retrouver un sentiment de sécurité.
« Je ne m'attendais pas à une telle situation et je n'étais pas préparée à devoir affronter des individus armés dans l'endroit où je vivais avec mon enfant », explique-t-elle.
Les faits rapportés dans cet article reposent sur les déclarations de Vanessa Jean Baptiste. Ils n'ont pas pu être corroborés de manière indépendante à partir des éléments disponibles.
Une intrusion armée en pleine nuit
Selon la DJ, l'arrivée des hommes armés l'a plongée dans une situation de grande détresse. Seule avec son jeune fils, elle dit avoir été confrontée à des individus dont elle ignorait les intentions.
« Je ne savais pas ce qu'ils voulaient, combien de temps ils resteraient ni jusqu'où ils étaient prêts à aller », raconte-t-elle.
Elle affirme avoir subi des violences physiques et sexuelles. Sans revenir sur les détails intimes des faits, elle évoque la terreur ressentie pendant cette nuit.
« J'ai vécu cette agression dans un état de terreur extrême, avec la conviction que ma vie pouvait être en danger », confie-t-elle.
La présence de son fils, alors âgé d'environ trois ans, reste également une source de préoccupation. Vanessa Jean Baptiste affirme que l'enfant a assisté aux violences exercées contre elle.
« Je ressentais une détresse profonde à l'idée que mon enfant était exposé à une situation aussi effrayante sans que je puisse le mettre à l'abri », explique-t-elle.
La peur de voir les hommes revenir
Après le départ des individus, la DJ dit avoir éprouvé des difficultés à retrouver ses repères. Le domicile où elle vivait avec son fils ne lui inspirait plus le même sentiment de sécurité.
L'absence d'informations sur l'identité des hommes et leurs motivations aurait entretenu son inquiétude. Elle affirme avoir longtemps redouté leur retour.
« Je ne savais pas qui ils étaient, quelles étaient leurs intentions ni si leur départ signifiait que le danger était terminé », indique-t-elle.
Les bruits inhabituels et les nuits seraient ainsi devenus des sources d'angoisse. Elle explique ne plus parvenir à considérer son logement comme un endroit entièrement sûr.
« Je ne pouvais plus considérer mon domicile comme un lieu entièrement sûr », déclare-t-elle.
Elle évoque également une vigilance permanente et des difficultés à retrouver une vie quotidienne normale.
Son fils, au centre de ses préoccupations
Au-delà de sa propre situation, Vanessa Jean Baptiste dit avoir été particulièrement préoccupée par les conséquences de cette expérience sur son fils. L'enfant aurait été présent pendant les faits.
« Je voulais le protéger de toute forme de violence, mais il avait été témoin d'une agression extrêmement grave », confie-t-elle.
Cette inquiétude s'est ajoutée à la crainte de voir les individus revenir. La DJ explique avoir dû repenser son quotidien et chercher les moyens de garantir à son enfant un cadre de vie plus stable.
La possibilité de continuer à vivre dans les mêmes conditions lui paraissait alors de plus en plus difficile à envisager.
Un avenir en Haïti devenu incertain
Avant cette nuit du 5 avril 2022, Vanessa Jean Baptiste affirme avoir souhaité poursuivre sa vie en Haïti, malgré les difficultés politiques, économiques et sécuritaires du pays. Les événements qu'elle rapporte auraient profondément modifié sa perception de l'avenir.
« Avant le 5 avril 2022, malgré les difficultés du pays, j'espérais pouvoir continuer à vivre en Haïti. Après cette nuit, cette perspective est devenue de plus en plus insupportable », explique-t-elle.
Elle dit avoir commencé à envisager de quitter le pays afin de rechercher un environnement plus sûr pour elle et son fils. Cette réflexion serait notamment liée à la crainte de croiser à nouveau les personnes qu'elle accuse de l'avoir agressée.
Les éléments disponibles ne permettent toutefois pas d'établir si une plainte a été déposée ni quelles suites judiciaires auraient été données à cette affaire.
Un parcours public marqué par l'engagement
DJ toujours en activité, Vanessa Jean Baptiste est une personnalité connue du paysage culturel haïtien. Sous le pseudonyme de Vanoomix, elle s'est notamment fait remarquer par sa promotion du reggae et de la musique engagée. Elle a également apporté son soutien au mouvement féministe haïtien.
Un parcours public marqué par des prises de position culturelles et sociales, que contraste aujourd'hui avec les difficultés personnelles qu'elle décrit. Pour elle, les événements du 5 avril 2022 ont constitué une rupture dans sa vie, notamment dans son rapport à la sécurité et dans ses projets pour l'avenir.