Soixante-dix-sept ans après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le monde célèbre encore l’un des textes les plus puissants de l’histoire moderne. Et Haïti, première République noire indépendante, se retrouve aujourd’hui face à un miroir exigeant : celui de ses propres promesses non tenues en matière de droits fondamentaux.
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Réaffirmons-le sans détour : ce 10 décembre n’est pas une simple date commémorative. C’est un rappel brutal que les droits humains ne se décrètent pas, ils se construisent. Dans un pays où l’accès à la sécurité, à la justice, à l’éducation, à la santé ou même à la simple liberté de circuler reste un luxe pour trop de citoyens, la commémoration doit devenir un moteur de sursaut collectif. On ne peut pas célébrer les droits humains en théorie quand, sur le terrain, ces mêmes droits sont quotidiennement bafoués.
Pourtant, ce pays regorge d’une énergie humaine impressionnante : jeunes déterminés, organisations sociales engagées, journalistes courageux, enseignants, professionnels de santé et tant d’autres qui, chaque jour, défendent les valeurs mêmes inscrites dans la Déclaration universelle. Ce sont eux, les véritables gardiens des droits humains en Haïti. Leur résilience prouve que le pays n’est pas condamné à l’immobilisme.
À l’occasion de ce 77ᵉ anniversaire, une idée s’impose : Haïti n’a pas besoin d’une nouvelle proclamation, mais d’un nouveau contrat moral. Un engagement ferme entre l’État, les institutions et les citoyens pour replacer la dignité humaine au centre des priorités nationales. Cela commence par la lutte contre l’impunité, par la protection de la vie, par le respect de la liberté d’expression, par la construction d’institutions qui ne tremblent pas devant la corruption, et par une vision politique tournée vers l’humain, pas vers les calculs partisans.
Les droits humains ne sont pas un slogan. Ils sont le socle d’un pays viable. Si Haïti veut réellement sortir de l’ombre, elle doit commencer par protéger ce qui fait la force de toute nation : son peuple.
Aujourd’hui plus que jamais, le 10 décembre n’est pas un anniversaire à célébrer, mais un appel à se relever.
