L’organisation Journalistes contre la Corruption pour les Droits Humains et la Démocratie (JCDH) dénonce avec la plus grande fermeté la détention qualifiée « d’arbitraire et d’inacceptable » de six citoyens, dont Rose Daphkar Salomon, incarcérés depuis plus de 20 mois. Le Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, Me Fritz Patterson Dorval, est accusé d’être le principal obstacle à l’avancée de ce dossier, en raison de son inertie et de son manque de respect des règles de procédure.
Le cas de Daphkar illustre une dérive alarmante. Selon son avocat, Me Junior M. F. Romulus, son interpellation le 9 avril 2024 faisait suite à un incident relevant d’une simple violation du code de la route. Pourtant, elle a été transformée le jour même en détention. Daphkar, employée de l’entreprise « Paryaj Pa m », a été incarcérée en même temps que sa sœur, Rose Jallye Salomon, et leur frère, Viberson Salomon. Trois de leurs amis, à savoir Sergeline Pierre, Edson Jude et Jiovani Christian Volcy venus leur rendre visite, ont également été arrêtés puis placés en détention.
« Après de longs mois derrière les barreaux, Daphkar Salomon et les cinq autres personnes… ont été interpellés et détenus sans que des motifs sérieux n’aient été présentés », souligne le communiqué du JCDH.
L’organisation condamne une « action liberticide » et accuse le Commissaire du Gouvernement, Me Dorval, d’agir « en rébellion contre la loi ». Selon les témoignages, l’une des sœurs, Rose Jallye Salomon, aurait été arrêtée simplement pour avoir répondu à un policier qui l’avait traitée de « Madan gang ». La mère des détenus, Marie Venia Samedi, affirme également que la police a perquisitionné le domicile de Daphkar sans trouver le moindre élément incriminant, alors que des recherches liées à la drogue étaient évoquées au début de l’affaire.
Le JCDH rappelle que les six personnes sont maintenues en prison depuis près de deux ans, sans la moindre preuve matérielle d’une infraction, mis à part le prétendu incident de circulation à l’origine de l’interpellation.
Le Directeur exécutif de JCDH, Joseph Guyler C. Delva, adresse un appel urgent aux autorités judiciaires et demande particulièrement à Me Fritz Patterson Dorval de cesser de bloquer le dossier. Il insiste sur la nécessité pour le Commissaire du Gouvernement de produire son réquisitoire définitif afin de permettre au juge d’instruction de conclure l’enquête et de faire toute la lumière sur cette détention qui constitue, selon lui, une grave violation des droits humains.
Le JCDH exhorte les autorités à intervenir rapidement pour mettre fin à cet abus caractérisé et restaurer le respect des droits fondamentaux.
Jean Daniel Pierre
