Le Collectif des professionnels de la presse (CPP) dénonce et exige le retrait du décret relatif à la liberté d’expression. Selon la structure, ce texte, émanant du Conseil présidentiel de transition (CPT), constitue un grave recul pour la liberté de la presse en Haïti.
Dans un communiqué, le CPP s’interroge sur la légitimité de cette démarche de l’exécutif. Il estime que le CPT, en tant qu’instance de transition, ne peut se substituer à la Constitution ni modifier les droits fondamentaux qu’elle consacre, sans consultation préalable des acteurs du secteur.
En adoptant unilatéralement ce décret, le CPP considère que les journalistes, les médias et les associations de presse ont été exclus du processus, alors que leur participation aurait été essentielle pour garantir un cadre juridique équilibré et respectueux des droits fondamentaux.
Au-delà de la procédure, le CPP dénonce également le caractère répressif du décret. Le texte assimile les délits de presse à des crimes, prévoit de lourdes sanctions allant de l’amende à l’emprisonnement, voire aux travaux forcés, et laisse une large marge d’interprétation quant à la notion de diffamation.
« Dans ces conditions, toute critique pourrait être criminalisée, ce qui risque de favoriser l’autocensure et de réduire l’espace du débat démocratique, déjà fragile, notamment à l’approche d’échéances politiques importantes », souligne le CPP.
Par ailleurs, le Collectif rappelle que la liberté d’expression et le droit de critiquer constituent des piliers essentiels de la démocratie et d’un journalisme responsable. Le décret, tel que publié, ne protège ni les journalistes ni leurs sources et menace de transformer l’exercice de la profession en une activité menée sous la menace permanente de poursuites judiciaires.
Forte de ces constats, la structure, coordonnée par Lenz Beth Ferlyn Alparète, exige le retrait immédiat de ce décret et appelle les autorités à engager un dialogue inclusif avec l’ensemble des acteurs concernés, afin de garantir un cadre juridique qui protège véritablement la liberté d’expression tout en prévenant les abus, sans criminaliser la critique légitime.
