L’Institut National pour la Défense des Droits Économiques, Sociaux et Culturels (INDDESC) a publié ce samedi 31 janvier 2026 un communiqué officiel dans lequel il exprime ses vives préoccupations face à la situation sociopolitique et institutionnelle du pays depuis l’entrée en fonction du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). L’organisation estime avoir une obligation morale, civique et institutionnelle de se prononcer sur l’évolution actuelle de la gouvernance nationale.
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Dans son analyse, l’INDDESC évoque une transition sans véritable rupture avec les pratiques politiques ayant conduit à la faillite institutionnelle d’Haïti. L’organisation pointe une gouvernance marquée par des ambiguïtés politiques, un manque de vision stratégique et une faible capacité de décision souveraine. Elle dénonce également la persistance d’une insécurité généralisée qui affecte gravement les droits fondamentaux de la population, notamment le droit à la vie, à la circulation, à l’éducation, à la santé et au travail.
Selon l’INDDESC, le contexte national est caractérisé par l’effondrement quasi total des institutions publiques, la paupérisation accélérée des populations et une perte profonde de confiance des citoyens envers l’État. Depuis l’installation du CPT, l’organisation observe un affaiblissement continu de l’autorité publique, progressivement remplacée par des pouvoirs armés illégitimes, en violation des engagements internationaux d’Haïti en matière de droits humains.
L’institution souligne également l’absence de principes d’éthique publique et d’intégrité institutionnelle dans le fonctionnement de la transition. Cette carence, selon elle, nuit à la crédibilité du processus et renforce le sentiment d’exclusion et d’abandon au sein des couches les plus vulnérables de la société.
Face à cette situation, l’INDDESC affirme qu’Haïti n’a pas besoin d’une simple transition de gestion, mais d’une transition de refondation de l’État. Elle appelle à une gouvernance axée sur l’éthique, la responsabilité publique, la lutte contre la corruption et l’impunité, ainsi qu’à des réformes profondes du système de sécurité, de justice, des institutions électorales et de l’administration publique.
Dans ses recommandations, l’INDDESC exhorte le Conseil Présidentiel de Transition à adopter rapidement une feuille de route claire, publique et mesurable, et à engager un dialogue inclusif avec l’ensemble des secteurs de la vie nationale, notamment en vue de la gouvernance du pays après le 7 février 2026. Elle plaide aussi pour l’implication active des organisations de droits humains, des forces sociales et des experts nationaux indépendants.
En conclusion, l’INDDESC rappelle que la transition politique ne constitue pas une fin en soi, mais un outil exceptionnel au service de la refondation de l’État et de la dignité humaine. L’organisation avertit qu’aucune paix durable ni stabilité réelle ne sera possible sans une transition fondée sur la vérité, la responsabilité, l’éthique et des réformes structurelles profondes.
