Lors de cet événement, consacrée à la contraception, les ont pris part à plusieurs activités et panels. On retiendra, entre autres, théâtre sur la sante sexuelle et reproductive (jeunes de la Profamil) ; le droit à l’information, à l’éducation complète à la sexualité et à l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive.
D’autres interventions se sont poursuivies. On citera : Engament des acteurs confessionnels dans la santé sexuelle et reproductive » ; implication des hommes dans la contraception ; contraception au regard des mythes, rumeurs et désinformation sans oublier la contraception comme un service essentiel en contexte de crise.
Prenant part à ce symposium, Dr Cassandre Milord Michel, directrice de Santé de la Famille (DSF) au ministère de sante publique et de la population (MSPP), a présenté la contraception comme une priorité du ministère. Elle a tenu à saluer Profamil qu’elle considère comme un partenaire de longue date.
Elle a rappelé que les méthodes proposées dans les services publics sont gratuites, tout en reconnaissant que la population les accepte encore trop peu. Elle a aussi regretté les difficultés à introduire l'éducation sexuelle dans certaines écoles, et appelé parents, jeunes, professionnels de santé, leaders communautaires et médias à s'impliquer davantage.
Quand le déplacement coupe l'accès aux soins
A la rencontre « Contraception : un service essentiel en contexte de crise », les intervenants ont expliqué que les femmes et les filles déplacées doivent trouver un nouveau centre de santé et un nouveau point d'approvisionnement après avoir fui son quartier pour un camp. Pendant cette rupture, beaucoup sont exposées à une grossesse non intentionnelle. Elles doivent continuer à recevoir des services de santé sexuelle et reproductive, même quand les infrastructures sanitaires sont perturbées, plaident les responsables.
« La contraception et les soins de santé sexuelle et reproductive ne sont pas un luxe ; ce sont des besoins essentiels, vitaux », ont a les promoteurs, demandant que la contraception, les soins prénatals et postnatals, la prévention du VIH et les autres services de santé sexuelle et reproductive soient intégrés à la réponse humanitaire.
ProFamil : 90 cliniques mobiles dans 60 camps en 2025
Pour joindre les déplacés, Profamil a recours aux cliniques mobiles. L'institution en a tenu environ 90 en 2025, dans 60 camps. Selon les responsables, ces cliniques offrent des soins de santé générale et portent une attention particulière à la santé sexuelle et reproductive, avec des services de planification familiale directement dans les communautés.
La directrice exécutive de Profamil, Florence Jean-Louis Vorbe a précisé que certains bailleurs veulent limiter leur financement à la santé générale, mais que l'organisation défend l'intégration de la santé sexuelle et reproductive à la réponse globale. « Les autres services aussi sont essentiels pour la santé générale », a-t-elle fait valoir.
Préparer le relèvement
Pour les intervenants, la réponse à une crise doit aussi préparer l'après. Maintenir ces services protège la santé des femmes, la survie des enfants et la stabilité des familles. Une femme qui enchaîne des grossesses non intentionnelles ou qui accouche pendant un déplacement aborde la reconstruction de son foyer et de sa communauté avec des difficultés en plus. La contraception est ainsi présentée comme un facteur de résilience familiale et communautaire.
Dr Levelt répond aux rumeurs
Les rumeurs et les mythes sur la contraception persistent dans de nombreuses communautés et freinent l'accès à la planification familiale. Le directeur médical de Profamil, Levelt Eugène, a réfuté plusieurs idées reçues. Selon lui, la contraception ne rend pas stérile, ne détruit pas l'utérus, ne provoque pas automatiquement le cancer et n'est pas réservée aux femmes mariées.
Sur les pilules, Dr Levelt a rejeté l'idée qu'elles restent dans le sang pendant des années et qu'il faille les interrompre de temps en temps pour « nettoyer le sang ». Elles ne sont pas toutes identiques et le choix dépend de la situation de chaque personne.
Il a abordé la prise de poids en distinguant les pilules œstroprogestatives des pilules progestatives. Il a rappelé que les méthodes hormonales ne protègent pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST), et que le préservatif reste nécessaire pour s'en protéger.
Pour l'injection de DMPA, il a démenti qu'elle provoque automatiquement le cancer ou détruise les ovaires. Elle peut modifier le cycle menstruel et, chez certaines utilisatrices, supprimer les règles, sans que cela signifie qu'elles ne reviendront jamais après l'arrêt. Certaines femmes peuvent prendre du poids, car la méthode peut influencer l'appétit et le métabolisme.
Pour le dispositif intra-utérin (DIU, ou stérilet), le médecin a indiqué qu'il n'est pas réservé aux femmes qui ont déjà accouché. Il a qualifié de fausses croyances les craintes d'infection, de stérilité ou de migration du dispositif vers le cœur ou le cerveau. Les fils sont coupés après l'insertion et ne sont pas destinés à blesser le partenaire pendant les rapports.
Il a ajouté que la planification familiale n'est pas l'affaire des seules femmes et que les hommes y ont leur part (Rappelons qu’un panel sur L’implication des hommes dans la contraception a été tenu dans le cadre de ce symposium. Il a été animé par le directeur de programme de Profamil, Dr Delvalès Doccy ; le sage-femme, Ismael Joseph et le directeur médical de Profamil, Dr Levelt Eugène).
Informer pour permettre un choix éclairé
Une journée riche en partage. Les échanges ont retenu trois défis : améliorer l'accès aux méthodes, garantir la continuité des services pendant les crises et combattre la désinformation. Dans un pays marqué par les déplacements de population, les violences et les difficultés d'accès aux soins, les intervenants estiment que ces services doivent rester disponibles avant, pendant et après les crises.