Dans une vidéo rendue publique ce jeudi 4 décembre, l’ancien sénateur du département de la Grand’Anse Guy Philippe et l’activiste connu sous le nom d’Arabe ont annoncé leur volonté d’instaurer un nouveau mode de gouvernance dans le Grand Sud dès le 1er janvier 2026. Guy Philippe affirme vouloir administrer cette région « en tant que gouverneurs », avec le soutien du commissaire du gouvernement de Miragoâne, Jean Ernest Muscadin.
Pour Arabe, la démarche répond, selon lui, à une demande populaire : « À partir du 1er janvier, une proclamation doit être suivie d’actions. Le peuple du Grand Sud estime qu’il lui faut conquérir une nouvelle indépendance. C’est à ce moment-là que seront désignés des gouverneurs et vice-gouverneurs. Lorsque la population verra que la région est bien administrée, elle appellera le reste du pays à se lever. »
Guy Philippe a tenu à préciser qu’il n’existait aucun différend entre lui et le commissaire Muscadin, figure connue pour sa lutte contre les gangs dans le Sud du pays : « Nous n’avons aucun problème. Son approche est de protéger les Nippes et le Sud pour que les groupes armés n’y pénètrent pas. De mon côté, mon combat vise à démanteler le système en place. »
L’ancien parlementaire affirme cependant que Muscadin agit au sein de l’État, tandis que son propre mouvement conteste directement l’ordre établi : « Même si nous prenons le contrôle du Grand Sud, ce sera pour ensuite libérer le reste du pays. Nous ne reconnaissons pas ce système, et nous refusons de recevoir des ordres de ceux qui, selon nous, détruisent la nation. Nous dirigerons nous-mêmes en attendant d’avoir la force nécessaire pour venir en aide à nos frères des autres départements. »
Les deux hommes présentent leur projet comme une étape transitoire vers une intervention plus large dans le pays, où ils affirment vouloir « voler au secours des vivants » dans d’autres régions en crise sécuritaire et sociale.
Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités centrales n’a été communiquée concernant ces déclarations. Cette annonce intervient dans un contexte de fragilisation profonde de l’État, d’insécurité généralisée et de multiplication de discours contestant la légitimité du pouvoir en place.
Jean Daniel Pierre
